En 2012, le New York Times recommandait Montpellier aux amateurs d’architecture futuriste. Celle-ci fait aujourd’hui bon ménage avec un riche patrimoine historique.

Nombreux sont les Romands à prendre le train (liaison rapide via Lyon) ou le volant, chaque été, pour gagner les plages espagnoles. Au-delà de Nîmes, combien ont l’idée d’emprunter la sortie Montpellier, histoire de s’accorder une pause salutaire – voire gourmande – avant de poursuivre vers les Pyrénées orientales ?
Accueil
Ceux qui passent tout droit ignorent sans doute que la ville de Jacques le Conquérant a bien davantage à leur offrir qu’une banale aire de repos en bordure d’autoroute. Art de vivre et convivialité pourraient bien les y retenir au-delà d’un simple arrêt aux terrasses de la place de la Comédie, espace libre dédié aux rencontres et aux artistes de rue. Sachant que tout le centre-ville est piétonnier, les automobilistes avertis confient leur véhicule aux parkings. Ensuite, à quoi bon viser le tram ou le bus, alors que Montpellier réserve ses meilleures surprises à celles et ceux qui l’explorent à pied ?
Effervescence Riche de ses bonnes adresses, de ses expositions, de ses festivals, de son soleil et de sa proximité immédiate avec la Méditerranée, Montpellier attire une population jeune et toujours plus nombreuse.

Où poser sa valise ?
C’est l’une des fiertés des Montpelliérains : idéalement posté à deux pas des principales attractions, l’Hôtel Richer de Belleval – un cinq étoiles labellisé Relais & Châteaux – fait partie du patrimoine local depuis le Moyen-Âge. La récente métamorphose de ce qui fut une annexe du palais de justice, puis la mairie, reflète bien l’esprit du chef-lieu du département de l’Hérault : harmonieuse conjugaison de l’ancien et du contemporain.

Décorum
Complétée d’un bistrot et d’une table gastronomique, cette belle maison abrite vingt chambres, toutes uniques et décorées avec raffinement (mobilier design post, anciens murs peints, cheminées d’apparat). Les espaces communs accueillent des œuvres d’artistes inspirés.
Visiter
Nul besoin de s’encombrer d’un épais guide de voyage pour s’aventurer dans le dédale historique nommé Ecusson (en raison de sa forme). Une fois franchie la porte de l’hôtel, rien de plus délicieux que de se laisser perdre – au gré de son humeur – dans le dédale de venelles, places et placettes ombragées qui jalonnent le quartier. On s’offre une glace sous les pins de Saint-Roch, face aux vestiges romantiques de l’ancienne église Saint-Paul. Du côté de Saint-Ravy, c’est une fontaine qui dispense une délicieuse sensation de fraîcheur. On peut même s’aventurer vers un mikvé, bain juif découvert par hasard au fond d’une cave en 1970.
Immersion
Ce bassin du XIIe siècle porte le poids de l’Histoire judaïque. Souterrain, à fonction purificatrice, il ramène à la longue tradition médicale – Rabelais, Nostradamus – aujourd’hui encore perpétuée dans une université renommée. Le conservatoire de la faculté d’anatomie recèle des momies, des écorchés, des monstres tapis dans le formol, des représentations en 3D de maladies vénériennes en attente d’une prochaine remise en valeur…pour ceux qui ont l’estomac bien accroché. Les enfants préféreront honorer l’une ou l’autre des boutiques montpelliéraines spécialisées dans les jouets de qualité, à mille lieues du Made in China.
Street Art
Non de la Gare Saint-Roch, la rue de la Méditerranée a de quoi ravir les amateurs de fresques murales. Quelques graffeurs renommés y ont déchargé leurs bombes sur des façades désormais porteuses de messages de paix ou de poésie.

Éclectisme
Il fallait oser, dans les années 1880, lancer l’ambitieux chantier Antigone, qui allait transformer 40 hectares de friche en délirant quartier néoclassique, avec ses places en amphithéâtre et ses immenses colonnades. Si la réalisation de l’architecte catalan Ricardo Bofill a toujours ses détracteurs, elle fait désormais partie du paysage.
Un peu plus loin en direction de la mer, voici Port Marianne, nouvelle vitrine de l’urbanisme contemporain. A défaut d’être devenue la marina initialement projetée, cette zone aligne aujourd’hui quelques-unes des constructions les plus avant-gardistes du Languedoc-Roussillon.

Urbanisme
Plus récemment, les architectes Sou Fujimoto, Nicolas Laisné et Manal Rachdi ont complété le quartier avec leur Arbre Blanc, une construction spectaculaire de 17 étages où l’on habiterait bien volontiers, à condition d’en avoir les moyens.
Au final, des pierres taillées de l’Ecusson aux perspectives de la cité futuriste, on se dit que Montpellier ne manque pas d’audace pour bousculer son décor.
EN SAVOIR PLUS : ATOUT FRANCE
Photos : pichonvoyagheur.ch








