Bien sûr, les sommets volcaniques de la Montage Pelée…bien sûr, les plages de sable blanc…bien sûr, les mangroves luxuriantes et les marchés colorés. Mais la perle des petites îles françaises a aussi de quoi régaler ses visiteurs.

L’église Saint-Henri des Anses-d’Arlet

Celle qu’on appelle aussi « l’île aux fleurs » a de quoi enchanter les botanistes, avec ses jacinthes d’eau, hibiscus, frangipaniers, bégonias, flamboyants, orchidées, bougainvilliers et autres oiseaux de paradis.

À propos des volatiles, les passionnés d’ornithologie viennent ici observer et photographier le siffleur des montagnes, la tourterelle à queue carrée, la frégate superbe et tout un essaim de différents colibris.

Saveurs locales

Outre ses paysages et traditions – dont un festif carnaval – la gastronomie marque fortement l’identité du territoire martiniquais. Elle est à la fois mémoire collective, expression culturelle et vecteur de lien social. À travers les produits et les recettes, elle raconte une histoire savoureuse, façonnée par le métissage africain, européen et caribéen. Le partage d’un repas incarne des valeurs d’accueil et de convivialité. Fruits et légumes du terroir, poissons et crustacés, viandes, herbes et épices concourent à enrichir cet art de vivre

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Le poulet boucanier, que l’on achète au prochain carrefour

 table !

Pour Jean-Claude Beaupin – éditeur de guides gastronomiques antillais – « Depuis toujours, pêcheurs, agriculteurs et restaurateurs martiniquais avancent ensemble, portés par la confiance, la parole donnée et le respect des saisons. Ici, nul besoin de longs discours sur la traçabilité : les produits viennent du terroir, des marchés, de la terre et de la mer que nous connaissons. Nous avons des tables parfois ignorées, parfois connues. On n’y trouve pas forcément un décor sophistiqué ou un service formaté, mais l’essentiel des saveurs justes et une fraîcheur incomparable ».

Loup des Caraïbes, sauce langouste

Jardin d’Eden

Hérité des Amérindiens et des Africains, le potager créole comprend des espèces nourricières produisant fruits et légumes, mais aussi des plantes médicinales. Garant de l’autosubsistance familiale, ce jardin se compose de fruits consommés en légumes (avocats, christophines, tomates…), de légumes (gombos, fruits à pain…) et de racines (igname, patate douce, manioc). S’y ajoutent des fruits tels que la papaye, la mangue, la pomme cannelle ou la goyave. Tous ces produits s’accommodent avec des épices et aromates dont la seule évocation a de quoi faire saliver : vanille, poudre de colombo, muscade, cannelle, anis étoilé, piment, curcuma et autre poivre de Jamaïque.

Au marché de Fort-de-France

Prudence !

Un tel éden a aussi ses fruits défendus, comme celui du Mancenillier, qui ressemble à une petite pomme. « Tout en lui est toxique : l’écorce, la sève et les feuilles. Surtout ne vous abritez pas là-dessous lorsqu’il pleut. La pluie ruisselante entraîne des toxines qui provoquent de graves brûlures ! », prévient un local qui, le long de la plage, signale le danger en marquant les troncs de peinture rouge.
Les pêcheurs ne demeurent pas en reste. L’un d’eux nous parlera du poisson-lion, qui a commencé à envahir les Antilles après avoir frayé à des milliers de kilomètres : « Cet envahisseur redoutable dévore tout sur son passage, y compris ses congénères exotiques. Sa piqûre très venimeuse et douloureuse nécessite une consultation rapide chez le médecin. En revanche, il se fait pardonner dans nos assiettes, puisque sa chair fine ravit les gourmets ».

Tous les chemins mènent au rhum

Jouxtant souvent les bananeraies, les plantations de canne à sucre dessinent le paysage martiniquais. Plus des deux tiers des récoltes sont destinés aux distilleries, le solde revenant à la fabrication du sucre. L’île produit actuellement une douzaine de rhums bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée. Pour y prétendre, cet alcool doit répondre à des critères spécifiques : la variété des cannes, les zones géographiques autorisées, les techniques de production, la fermentation, la durée de vieillissement. 10 kg de cannes à sucre donnent 1 l de rhum agricole à 55 % vol. Pour comprendre les différents processus, visez une distillerie comme celle de la marque Depaz ! À la découverte de la technique s’ajoute la visite de l’historique demeure familiale, conservée dans son jus.

La distillerie Depaz

Une longue tradition

On coupe et récolte la canne à sucre de février à juin. Une fois déchargée, elle est pesée, sélectionnée selon sa teneur en sucre, et coupée en tronçons. Pesée, hachée et défibrée, elle est ensuite broyée
Après une période de maturation d’au moins deux mois, le degré d’alcool est réduit par ajout d’eau. Une partie est conservée pour la production de rhum blanc ou de rhum vieux (au moins trois ans en fût). Par évaporation, le rhum perd une partie de son volume, c’est la « part des anges ». Avec le temps, il acquiert une couleur miel à acajou foncé et un goût boisé.

Bons produits bio

Dans le monde de la gastronomie martiniquaise, Léon Tisgra est connu comme le loup blanc pour ses produits d’agriculture biologique et son domaine d’agrotourisme. Tonton Léon – comme on l’appelle ici – s’est lancé en 1991 et obtenu la certification Ecocert en 2001 : « J’ai suivi la philosophie de mon père . Il ne faisait rien qui puisse aller à l’encontre de la nature ».
Notre homme a étudié en France les techniques de production maraîchère avant de s’installer au Morne des Cadets, à Fonds Saint-Denis, pour exploiter sept hectares de production maraîchère sous serre..
« Je gère aussi une petite entreprise touristique : trois bungalows pouvant loger de deux à trois personnes et un grand gîte qui en accueille de six à dix. Ma table d’hôtes fait la part belle aux produits frais de ma terre ».

Léon Tisgra et son domaine

Y ALLER : www.france.fr

Photos : pichonvoyageur.ch