Désormais réhabilitée, la Fée verte n’est pas seule à assurer l’ensorcellement d’une région envoûtante : elle et ses consœurs escortent des randonnées magiques, entre nature sauvage et patrimoine.

Si Neuchâtel était un opéra, les gorges de l’Areuse pourraient bien en constituer le décor wagnérien. En toile de fond : les hêtres virant du jaune clair au rouge et de l’or au vieux rose. Au premier plan : l’impressionnante découpe de rochers surplombant une rivière tourmentée par l’érosion. Clou du spectacle, la passerelle du Gor de la Braye domine le gouffre pris en étau entre les parois abruptes. Une fois ce goulet franchi, le paysage s’apaise comme par enchantement, et le vacarme de l’Areuse consent à mettre la sourdine pour réhabiliter le chant des oiseaux.

Médiéval
La route du vignoble – empruntée dans la direction du Val-de-Ruz – promet un supplément de charme à Valangin, avec son décor de vieilles pierres, une brocante, et une pâtisserie renommée. C’est l’ultime étape – médiévale – avant d’atteindre Fenin. Pour peu que le troupeau de lamas soit au champ, on fera croire aux enfants que – par le pouvoir des fées – ils ont finalement gagné la Cordillère des Andes.
Héritages
Pour la mémoire, on peut viser les mines de la Presta et le Musée industriel du Val-de-Travers, sis au même endroit. Outils de décolletage de l’Atelier Bourquin et autres machines à tricoter Dubied y retracent avec pertinence un passé laborieux.
Autrefois, partout on foulait les revêtements de la Neuchâtel Asphalte Company Ltd., dont une partie du labyrinthe souterrain est aujourd’hui ouverte au public. Frissons garantis dans les obscures galeries d’extraction, par une température constante inférieure à 10°C.
Chez Rousseau
La sémillante bourgade de Môtiers aurait-elle acquis sa renommée si le célèbre promeneur solitaire n’y avait arrêté son pas ? Restaurée, la belle demeure où il séjourna trois ans – dès 1762 – est aujourd’hui un musée jouxtant d’élégantes maisons à fronton, comme celle des Mascarons, lieu de culture et de rencontres.
Bien sûr, la localité dispose d’autres atouts. En dehors de son château, de ses fontaines monumentales et de son prieuré, cette campagnarde débonnaire exhibe volontiers sa gorge profonde : la Poëta-Raisse, signalée au bout de la Grand-Rue.

Ne pas divulguer
Bien sûr, ce n’est pas le Grand Canyon…n’empêche qu’il en jette, le cirque rocheux du Creux du Van, avec son à-pic de 166 mètres ! À la ferme du Soliat, le pâturage s’estompe soudain pour laisser deviner le bord de l’abîme, dominée un peu plus loin par le promontoire du Falconnaire. Le site est si spectaculaire qu’il attire trop de visiteurs au goût de celles et ceux qui militent pour sa protection. Il est donc vivement recommandé de lui vouer respect.
Y aller : jura3lacs
Photos : pichonvoyageur.ch






